Franck Aimé, promo 90, est International Sales Manager chez NNR Global Logistics France, entreprise de logistique et de chaîne d’approvisionnement commissionnaire de transport international.

 

Franck, pourquoi avoir choisi de travailler dans le secteur de la logistique ?

Je n’ai pas vraiment choisi de travailler dans le transport et la logistique. Ma spécialisation de 3ème année à l’ESCC était les Relations Internationales ! Après mon MBA, j’ai fait un stage chez un commissionnaire de transport maritime et aérien. Le métier m’a plu et la société m’a embauché à la sortie de mon service militaire, en tant qu’agent de transit maritime import et export. J’ai tout de suite aimé ce poste très technique qui me permettait d’être en contact avec le monde entier. De fil en aiguille et après seulement deux sociétés, je suis passé de l’exploitation opérationnelle au commercial domestique, puis international, aussi bien pour le transport aérien, maritime ou route et douane. C’est vraiment ce qui me plaît dans ce métier de pures relations humaines, il s’agit de trouver des solutions pour faire bouger des marchandises d’un coin du globe à l’autre bout de la planète. Et pour cela, il faut avoir des contacts, à l’origine ou à destination, il faut faire vivre ce network.

Peux-tu nous expliquer ton métier ?

Je suis un des 3 membres du « board of directors » de NNR France. Même si mon métier est technique (incoterms, transport maritime, transport aérien, rapports poids volume, transport routier, commission en douane), mon rôle en tant que International Sales Manager est d’animer notre réseau international et d’alimenter en informations commerciales (sales leads) mes collègues du service commercial domestique. Je dois trouver les contacts et les moyens pour répondre aux demandes de nos clients en termes de transport de marchandise depuis un point A à un point B. La société dans laquelle je travaillais depuis 1995, Global Star International SAS, a été rachetée en 2018 par le groupe japonais NNR (Nishitetsu Nippon Rail).

Cela fait donc pratiquement 26 ans que je suis dans la même société. Passer d’une société française de 3 bureaux (Paris, Le Havre et Marseille) à un groupe de 18 000 personnes, présent dans 28 pays, fut un grand changement, mais nous avons pu garder tout notre effectif et notre « taille humaine » en France. De ce fait, désormais, mes contacts sont mes collègues des bureaux NNR et les agents d’origine présents dans le monde entier. De nombreux voyages d’affaire entre Europe, USA, Asie et Middle East font également partie de ma vie professionnelle, ce qui est loin de me déplaire.

Nous transportons tout type de marchandise. Par exemple, nous sommes un des leaders en France pour le transport à l’export de poussins d’un jour et notre expertise dans le transport d’animaux vivants est recherchée. Le conseil auprès de nos clients est également très important. Par exemple, mettre à la consommation en France des produits nécessite la connaissance de règlements douaniers, de la documentation adéquate, des normes imposées par la DGCCRF… De même, à l’export, chaque pays de destination a ses propres exigences.

Quel conseil peux-tu donner aux jeunes qui hésitent à partir dans ce secteur d’activité ?

N’hésitez pas, le transport offre de multiples possibilités de postes aussi bien dans l’opérationnel que dans le commercial. De plus en plus, notre métier entre également dans la digitalisation et cela peut le rendre encore plus intéressant, quoique plus stressant du coup car plus exigeant. Une obligation : parler Anglais. C’est indispensable.

Que vous soyez en amont ou en aval de la chaîne logistique, c’est un métier passionnant car très diversifié que ce soit dans les produits, les modes de transport et les origines ou destinations. Rien n’est répétitif et on apprend tous les jours.

Chaque changement politique, économique, ou même sanitaire désormais, vient changer notre métier. Des accords bilatéraux apparaissent ou disparaissent au gré des volontés politiques des dirigeants des pays et cela modifie notre travail. Un virus apparaît, se propage, et cela cloue au sol tous les avions passagers. De ce fait, uniquement les vols cargo prennent du fret et cela engendre un manque d’espace donc une hausse des taux de fret (la loi de l’offre et de la demande !).

Quels souvenirs gardes-tu de tes études à l’ESC Compiègne ?

Mes souvenirs à l’ESCC sont tellement nombreux… D’un point de vue éducatif, des cours intéressants, par des intervenants ou profs permanents très professionnels et très impliqués dans la vie de l’école. D’un point de vue associatif, de très belles rencontres estudiantines avec des amis toujours proches 31 ans après la sortie, c’est top.

J’ai eu l’honneur d’être le chanteur du groupe de l’école pendant une période et j’ai même chanté devant Alain Juppé à la remise de nos diplômes… Il n’y a que moi qui m’en souvient, fort heureusement (rires) ! Des anecdotes à foison, qui ne sont pas toujours racontables !

 

Merci Franck pour ce témoignage très enrichissant et cette super anecdote !