Diplômé de l’ESC Compiègne, Julien Ducoup occupe aujourd’hui le poste de Vice-Président des hubs européens de FedEx, dont ceux de Paris-Charles-de-Gaulle et de Liège. Un parcours qui n’avait rien d’évident au départ, mais qui s’est construit au fil des expériences, des rencontres et d’une forte capacité d’adaptation.
Des études en gestion à la finance, de la presse à la logistique, puis de FedEx aux responsabilités européennes, il revient sur son cheminement professionnel et livre ses conseils aux étudiants et jeunes diplômés.
Comment êtes-vous passé de l’ESC Compiègne aux pistes de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle ?
Après un baccalauréat scientifique, je ne savais pas encore précisément vers quoi je voulais m’orienter. Je n’avais pas d’idée préconçue sur ma carrière. J’ai donc commencé par un DUT en gestion des administrations, une formation assez large, qui ouvrait plusieurs possibilités.
C’est ensuite que j’ai découvert Compiègne, en intégrant l’école de commerce. À l’ESC Compiègne, j’ai suivi la spécialité finance-comptabilité. À la sortie de l’école, j’ai d’abord travaillé dans des fonctions liées à la finance et à la comptabilité, notamment chez Uniroyal Continental, tout près de l’école, où j’avais déjà effectué mon stage.
Ensuite je suis parti faire mon service militaire. Cette période a été un vrai moment de réflexion : je me suis demandé ce que je voulais vraiment faire, quelles orientations je souhaitais prendre. Je me suis rendu compte que le travail derrière un bureau, derrière un ordinateur, ne me correspondait pas totalement.
Pendant cette année-là, j’ai répondu à de nombreuses annonces et rencontré différents secteurs d’activité. C’est comme cela que je me suis dirigé vers un univers complètement différent : la presse où j’ai travaillé pour Le Figaro.
Pendant six ans, je me suis occupé de la logistique du quotidien, mais aussi de la partie production sur le site d’une imprimerie située à l’aéroport de Roissy. C’est là que j’ai découvert l’univers aéroportuaire, le transport de colis, le travail de nuit, et que j’ai commencé à m’y passionner.
Après quelques années dans la presse, j’ai rejoint FedEx comme manager. J’encadrais alors une équipe de quarante à cinquante personnes. Ensuite, j’ai évolué vers des fonctions de direction opérationnelle, notamment sur les pistes, avec la gestion des chargements et déchargements des avions.
En 2007, j’ai pris la direction générale de cette activité, un poste que j’ai occupé pendant près de quinze ans..
Aujourd’hui, quel est votre rôle chez FedEx ?
Depuis quatre ans, je suis Vice-Président des hubs européens de FedEx. Le site de Roissy-Charles-de-Gaulle est l’un des plus grands hubs FedEx en dehors des États-Unis, et il joue un rôle central pour l’Europe.
Mon rôle consiste à superviser les activités de ces grands hubs, qui sont des points névralgiques de notre réseau. Ce sont des lieux où les colis arrivent, sont triés, chargés, déchargés, puis réexpédiés vers leur destination. C’est un environnement très opérationnel, très vivant, où les équipes, les avions, les flux et les délais doivent être parfaitement coordonnés.
Pensiez-vous rester aussi longtemps chez FedEx lorsque vous avez rejoint l’entreprise ?
Quand je suis rentré chez FedEx, pour être tout à fait franc, je pensais rester deux ou trois ans. Pour moi, c’était une belle marque, un beau logo, et une étape dans ma carrière avant d’aller vers d’autres horizons.
Je ne pensais pas faire quinze ou vingt ans de travail de nuit, ou en tout cas en horaires décalés sur le site. Et finalement, j’ai découvert un univers complètement passionnant, dans lequel je me suis pleinement engagé.
C’est aussi un métier très humain. Sur le site de Roissy, il y a aujourd’hui environ quatre mille collaborateurs, et près de deux mille sur le site de Liège. J’ai compris qu’avec les équipes, avec l’engagement des collaborateurs, nous pouvions accomplir des choses extraordinaires.
J’ai aussi vu grandir le site de Roissy. Quand je l’ai intégré, nous étions environ six cents collaborateurs. Aujourd’hui, nous sommes quatre mille. J’ai grandi avec ce site, et je l’ai aussi accompagné dans son développement, à travers ses différentes phases d’extension et les nombreux projets menés au cours des vingt-cinq dernières années.
Cette évolution m’a beaucoup nourri. C’est au sein de cette équipe, dans cet environnement en mouvement permanent, que j’ai trouvé du sens, de l’énergie et l’envie de continuer.
Qu’est-ce qui permet de rester, de durer et d’évoluer dans une entreprise ?
Pour rester et évoluer dans une entreprise, je crois qu’il faut avant tout aimer ce que l’on fait. Pour ma part, cela fait vingt-cinq ans que je travaille chez FedEx, et je ne pensais pas forcément y passer autant de temps au départ.
Si je suis resté, c’est parce que je suis passionné par ce que je fais. J’en parle avec beaucoup d’énergie parce que c’est un univers qui me plaît réellement.
Le conseil que je donnerais à quelqu’un qui entre dans la vie professionnelle, c’est donc d’aimer ce qu’il fait et d’être passionné par son activité. Si ce n’est pas le cas, il ne faut pas hésiter à s’orienter vers autre chose, vers un domaine dans lequel on pourra développer cette passion et cette énergie.
Parce que c’est cette énergie qui permet de s’investir, de progresser et, finalement, d’être bon dans ce que l’on fait.
Quel regard portez-vous sur l’alternance pour les étudiants ?
L’alternance est aujourd’hui un très bon vecteur pour permettre aux étudiants de découvrir concrètement le monde de l’entreprise. Elle permet de confronter ses choix d’orientation à la réalité du terrain, de confirmer un secteur d’activité, une fonction ou un projet professionnel.
C’est aussi un moyen de valider ses envies. Et si l’expérience montre que le choix initial ne correspond pas totalement à ce que l’on imaginait, il n’est jamais trop tard pour se réorienter, changer de fonction ou ajuster son parcours professionnel. C’est d’ailleurs ce que j’ai moi-même fait dans ma carrière.
Chez FedEx, nous avons une vraie politique d’accueil des alternants. En moyenne, nous comptons entre quarante-cinq et cinquante alternants sur le site, principalement sur des fonctions opérationnelles, mais aussi sur certaines fonctions support.
Nous avons d’ailleurs déjà accueilli des alternants issus de l’ESC Compiègne, notamment au sein du département des ressources humaines.
Quels conseils donneriez-vous aux jeunes diplômés de l’ESC Compiègne ?
Le premier conseil que je donnerais, c’est d’être curieux. Il faut s’intéresser, rester ouvert d’esprit, accepter de découvrir des univers que l’on ne connaît pas encore.
Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où il est important de s’imprégner de tout ce qui nous entoure. La curiosité permet d’apprendre, de comprendre les environnements dans lesquels on évolue et de mieux saisir les opportunités qui se présentent.
Je conseillerais aussi d’avoir de l’engagement. Il faut faire les choses avec passion, avec sérieux et avec envie. Quand on s’investit vraiment dans ce que l’on fait, on accomplit davantage de choses, on en retire plus de satisfaction, et cela peut aussi porter tout un parcours professionnel.
Quand on est étudiant, on vit une étape majeure : on est en pleine construction. C’est justement à ce moment-là qu’il faut multiplier les expériences et pousser sa curiosité dans plusieurs directions.
Cela peut être dans le domaine professionnel, mais pas seulement. Les activités artistiques, les voyages, les rencontres, l’ouverture aux autres et à de nouveaux environnements sont tout aussi importants. Toutes ces expériences viennent nourrir la personne que l’on devient.
Cette curiosité aide ensuite à se construire et à être plus à l’aise dans des univers qui ne nous sont pas encore familiers. Plus on s’ouvre tôt à des expériences variées, plus on développe une capacité à s’adapter, à comprendre et à évoluer.
Quand on commence une nouvelle expérience professionnelle, quelles qualités faut-il avoir ?
Quand on commence une nouvelle expérience professionnelle, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre. On est dans la découverte. Là encore, la curiosité et l’ouverture d’esprit sont essentielles.
Mais il y a aussi des qualités fondamentales pour bien s’ancrer dans l’écosystème d’une entreprise.
D’abord, il faut être rigoureux. Le sérieux et la rigueur au quotidien sont indispensables. Ils permettent de construire la confiance et de montrer que l’on prend son travail au sérieux.
Ensuite, il faut être flexible. Une entreprise est un univers qui bouge, qui vit, qui évolue en permanence. Il faut donc savoir se rendre disponible, être à l’écoute, rester ouvert et développer des qualités d’adaptation.
Enfin, il faut faire preuve de constance. Ces qualités ne doivent pas être présentes uniquement pendant une période d’essai. Elles doivent durer, se confirmer dans le temps et montrer aux recruteurs qu’ils ont fait le bon choix.
Un parcours construit sans plan tout tracé
Le parcours de Julien Ducoup montre qu’une carrière ne se construit pas toujours de manière linéaire. Après une formation en finance-comptabilité, il aurait pu rester dans ce domaine. Mais ses expériences successives l’ont conduit vers d’autres univers : la presse, la logistique, puis le transport express international.
Son fil conducteur n’a pas été un plan défini dès le départ, mais plutôt une combinaison de curiosité, d’ouverture d’esprit, de rigueur, de flexibilité et de passion.
De l’ESC Compiègne aux pistes de Roissy, son témoignage rappelle qu’il est possible d’évoluer, de changer de voie et de construire une carrière solide à condition de rester attentif aux opportunités et pleinement engagé dans ce que l’on fait.